Carte de géolocalisation

jeudi 26 avril 2012

Sextant

Le ciel se dégage et me permet de faire une droite de hauteur avec le
sextant en mesurant la hauteur du soleil. Simple exercice pour me remettre
dans la maîtrise de cette technique ancestrale de la navigation. La panne
de l'antenne GPS active me fait réaliser à quel point on est dépendant de
ces technologies impossible à réparer. Toute dépendance en mer est à
bannir si c'est techniquement possible et si on veut se sentir réellement
libre. Le sextant est l'outil qui satisfait ce sentiment de liberté. Il
est précis et ne connaît pas de panne. Outre le sextant, il faut également
une montre à l'heure TU réglée à la seconde, les éphémérides, les tables
de Bataille (détermination de Z) et de Dieumegard (détermination de I),
une calculatrice (avec trigonométrie pour la méthode calculatoire) et le
tour est joué.
Vous me direz qu'il y a encore un maillon faible qui n'est pas à l'abri
d'une panne: La montre. A bord il y a 2 montres Casio, les modèles de base
dont une solaire (les plus fiables que je connaisse à un prix modique).
Elles dévient peu. Celle à pile prend une seconde par jour, la deuxième
solaire prend une seconde tous les 15 jours. Difficile de faire mieux pour
quelques dizaines d'euros. Et elles sont étanches… Indispensable en mer.
L'heure précise à été la quête des navigateurs des siècles passés.
Sans l'heure à bord on peut naviguer uniquement avec la latitude comme le
faisaient les grecs de l'antiquité (Ils sont allés jusqu'en Islande)! La
mesure de la hauteur du soleil au midi local et connaissant sa déclinaison
par les éphémérides on a directement la latitude.

Il est vrai que la navigation n'est plus la même avec le GPS. Vous avez
dans l'instant votre cap fond et votre vitesse fond, vous permettant
d'apprécier tout de suite le courant, alors qu'avec le sextant on n'aura
qu'un point par jour, au mieux, avec deux mesures, une le matin et une
l'après-midi. On transporte avec l'estime la droite de hauteur du matin
sur celle de l'après midi. L'intersection des droites de hauteur donne la
position.

Avant d'entreprendre une mesure, il faut vérifier la collimation – erreur
instrumentale - du sextant. Si le miroir est réglable on peut essayer de
la ramener à zéro en faisant coïncider l'horizon en visée directe et
l'horizon réfléchi – ou horizon artificiel - en prenant soin de bien
mettre à zéro le vernier.

Le principe de la mesure est de connaitre à un instant précis – donné par
l'heure de la mesure – la hauteur – ou l'angle avec l'horizontal – du
soleil. Comme le soleil n'est pas ponctuel comme une étoile, il faut
choisir comme référence de la mesure le bord inférieur ou supérieur. En
général on choisit le bord inférieur – sinon il faut enlever le diamètre
apparent du soleil pour ramener la lecture au bord inférieur. Attention :
Utilisez les filtres solaires ! Tous les sextants en sont équipés. Il y en
a 2 pour le soleil - placés avant le miroir - et deux pour l'horizon
-placés devant l'oculaire de visée.

La mesure prise ce matin – le 26/04/12 - est donnée par Hi (Hauteur
instrumentale) :
Hi= 42°42'
Heure TU précise de la mesure :
9h50mn00s
A la position estimée :
14°S/6°30'W

Demain je donnerai le détail du calcul qui détermine la droite de hauteur
- azimuth Az et intercept I - pour ces données. Si le ciel reste dégagé –
ça semble compromis – je pourrais faire une nouvelle droite de hauteur cet
après-midi et obtenir un point précis.