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mercredi 9 mai 2012

=?utf-8?Q?De l=E2=80=99enfer au paradis?=

Cette dernière journée a été riche en manœuvres, en émotions, en chaleur
et en tension nerveuse. Oui, la journée a été chaude – peu de nuages –,
sans vent- 0nds exactement – et une mer de houles croisées de 1 à 1.5m !
Oïkos à sec de toile s'est mise à danser sans faiblir, toute la journée.
On a été visité à plusieurs reprises par des dauphins, intrigués
certainement par cette danse tribale d'un autre océan. Quand à moi je
cherchais le meilleur endroit, la meilleure position pour attendre que le
vent rentre et que la nuit tombe. Mais il n'y avait aucun endroit
confortable. A l'intérieur le thermomètre affichait 40 degrés. Dehors pas
d'ombre et le pont était brulant. J'ai soudain eu l'idée, née de ce besoin
extrême de faire descendre la température de mon corps, de mettre la bâche
en plastique dans le creux du cockpit. Amarré à ces 4 coins, j'ai versés
une dizaine de seaux d'eau de mer. Je m'y suis allongé comme dans un bain.
L'eau à 30 degrés m'a fait trouver un peu de repos, enfin. Enfin sorti de
l'enfer.
Le vent est rentré en début de nuit avec les orages. Cependant, il
faudrait dire 'les vents'. Ca venait de toutes les directions. Impossible
de rester sur une même allure plus de 10 minutes. Ca a duré la première
partie de la nuit. J'ai manœuvré en quelques heures, plus qu'en 20 jours
d'Atlantique sud. Vers 2h ce matin 5 nds de NNO arrivent à me faire sortir
de cette zone orageuse. Ces 5-7nds je les ai toujours, mais ils
faiblissent avec une tendance à tourner vers le NE.
Quel bonheur de sentir son voilier calé et glisser doucement sur sa route.
Ce matin le ciel est couvert et semble encore se charger de gros cumulus.
J'espère que ce vent va rester. Encore proche de la ZCIT, elle pourrait
choisir de remonter en latitude et se serait le 'remake' de la journée
d'hier.


= = = =

Petite réflexion…

« 
(...). Plus le besoin est grand, plus le plaisir d'y satisfaire est
sensible. Dans les festins les plus délicieux, ou l'on n'apporte qu'un
appétit ordinaire, on ne sent pas un plaisir aussi vif que celui qu'on
ressent en apaisant un faim véritable avec un repas grossier.
(...)
L'âme a ses besoins comme le corps, et l'un des plus grands besoins de
l'homme, est celui d'avoir l'esprit occupé. L'ennui qui fuit bientôt
l'inaction de l'âme, est un mal si douloureux pour l'homme, qu'il
entreprend souvent les travaux les plus pénibles, afin de s'épargner la
peine d'en être tourmenté. 
»

Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture
DUBOS Jean-Baptiste - Secrétaire perpétuel de l'Académie Française.

Section I
De la nécessité d'être occupé pour fuir l'ennui, et de l'attrait que les
mouvements des passions ont pour les hommes.