... Pour la radio ça sera la semaine prochaine!
Mon temps passe à la dimension des degrés de longitude gagnés, des
changements de météo, des messages que je reçois qui me rappellent une
autre dimension, des cycles d'apparition du soleil qui permettent de
sécher un peu les cirés, des nuits dont le sillage est éclairé par le
plancton bioluminescent, du passage des systèmes météo, des rendez-vous
hebdo avec FBA, de mes cheveux qu'il faut couper, des caps franchis, des
apparitions de la lune et des nuits étoilées.
A ceux qui craignent l'ennui dans la solitude je dirais qu'on n'est jamais
seul tant que fonctionnent ses pensées. « Réduit à moi seul, je me
nourris, il est vrai, de ma propre substance, mais elle ne s'épuise pas… »
ROUSSEAU – Les rêveries.
La difficulté est certainement que seul face à soi-même on n'a pas d'autre
choix que de bien faire. Il n'y a personne pour nous complimenter, nous
consoler ou nous encourager. Seul il n'y a pas se fuite possible de ce que
l'on est et ce que l'on donne. La seule alternative à l'homme solitaire
est la vertu.
Question : Le vice et la cruauté naissent-ils du groupe, de la société ?
Nous voilà au milieu de la traversée, à la longitude des îles Kerguelen.
Vingt jours se sont passés depuis le cap Leeuwin. On peut en espérer
autant jusqu'au prochain cap d'Afrique du Sud.
Oïkos, elle « assure grave ». J'aime la tradition anglaise qui choisit le
genre féminin pour désigner les navires… She keeps going well !