Carte de géolocalisation

dimanche 6 novembre 2011

Meditation necessaire

Tenez bon les intempéries.
Je profite des circonstances, les intempéries pour les votres et les
miennes qui m'offrent la possibilité de lire et d'écrire, pour partager
des extraits de l'épilogue de l'essai "L'enfermement planétaire" d'André
Lebeau :
«
Le 14 février 1990, la sonde spatiale Voyager 1, lancée douze ans plus
tôt, se trouvait à 6.4 milliards de kilomètres de la terre […]. A la
demande de Karl Sagan, la NASA entreprit alors de tourner ses caméras
vers les planètes dont il s'éloignait et en particulier vers la Terre.
C'était une manœuvre risquée car la Terre, vue de cette distance, est
très proche du Soleil, comme « un moustique captif d'une flamme », écrit
Karl Sagan; la plus légère erreur de pointage aurait pu détruire le
système Vidicon. Six planètes furent ainsi photographiées. Sur l'une de
ces images, la Terre apparaît comme une minuscule tache bleu pâle sur un
fond noir constellé d'étoiles; Carl Sagan a su exprimer la fascination
étrange qui en émane: « Regardez cette petite tache ronde. C'est ici.
C'est la maison. C'est nous. Sur elle, […] chaque être humain qui a
jamais existé a vécu sa vie. L'agrégat de notre joie et de notre
souffrance, des milliers de religions confiantes, d'idéologies et de
doctrines économiques, tout chasseur et tout cueilleur, tout créateur et
destructeur de civilisation, tout roi et tout paysan […], tout ce qui a
existé dans l'histoire de notre planète a vécu là, sur cet atome de
poussière suspendu dans un rayon de soleil. »[…] « Nos attitudes, notre
importance imaginaire, l'illusion que nous avons une quelconque position
privilégiée dans l'univers sont défiés par ce point de lumière pâle […]
rien n'indique que l'aide viendra d'ailleurs pour nous sauver de nous
même. »
[…] Cette image du moustique prisonnier d'une lumière rend quelque peu
dérisoires beaucoup d'attitudes humaines. Non la quête de ceux qui,
effrayés par « le silence éternel de ces espaces infinis », cherchent
refuge dans la transcendance, mais de ceux qui, ne voient et ne
comprennent le monde qu'à travers les œillères de leur discipline et
les mirages de leurs désirs. […] Le message qu 'elle nous adresse met
aussi l'accent sur le caractère global auquel nous sommes confrontés,
sans autres ressources que ce dont nous disposons sur notre vaisseau
terrestre.
[…] Pour le reste, j'invite chacun à tenter de percevoir ça et
là,[...],le grondement encore lointain de la menace, mais aussi
peut-être à guetter, dans certaines actions, la faible déchirure de
l'espoir.
 »
A chacun d'agir selon ses possibilités.
Bon dimanche pluvieux.
Stéfou